—Au revoir, monsieur Doublet.
À peine l'intendant fut-il sorti que M. d'Harville tomba sur un fauteuil avec accablement; il appuya ses deux coudes sur son bureau, et cacha sa figure dans ses mains.
Pour la première fois depuis qu'il avait reçu la lettre fatale de Sarah, il put pleurer.
—Oh! disait-il, cruelle dérision de la destinée qui m'a fait riche!... Que mettre dans ce cadre d'or, maintenant? Ma honte! L'infamie de Clémence!... infamie qu'un éclat va faire rejaillir peut-être jusque sur le front de ma fille! Cet éclat... dois-je m'y résoudre, ou dois-je avoir pitié de...
Puis, se levant, l'œil étincelant, les dents convulsivement serrées, il s'écria d'une voix sourde:
—Non, non! du sang, du sang! Le terrible sauve du ridicule! Je comprends maintenant son aversion... la misérable!
Puis, s'arrêtant tout à coup, comme atterré par une réflexion soudaine, il reprit d'une voix sourde:
—Son aversion... oh! je sais bien ce qui la cause: je lui fais horreur, je l'épouvante!
Et après un long silence:
—Mais est-ce ma faute, à moi? Faut-il qu'elle me trompe pour cela? Au lieu de haine, n'est-ce pas la pitié que je mérite? reprit-il en s'animant par degrés. Non, non, du sang!... tous deux, tous deux!... car elle lui a sans doute tout dit à L'AUTRE.