—Comment a-t-elle été depuis tantôt, madame Asthon? demanda Mme d'Harville à la gouvernante.
—Assez bien, madame la marquise, quoiqu'un moment j'aie craint...
—Encore! s'écria Clémence en serrant sa fille contre son cœur avec un mouvement d'effroi involontaire.
—Heureusement, madame, je m'étais trompée, dit la gouvernante; l'accès n'a pas eu lieu, Mlle Claire s'est calmée; elle n'a éprouvé qu'un moment de faiblesse... Elle a peu dormi cette après-dînée; mais elle n'a pas voulu se coucher sans venir embrasser Mme la marquise.
—Pauvre petit ange aimé! dit Mme d'Harville en couvrant sa fille de baisers.
Celle-ci lui rendait ses caresses avec une joie enfantine, lorsque le valet de chambre ouvrit les deux battants de la porte du salon et annonça:
—Son Altesse Sérénissime monseigneur le grand-duc de Gerolstein!
Claire, montée sur les genoux de sa mère, lui avait jeté ses deux bras autour du cou et l'embrassait étroitement. À l'aspect de Rodolphe, Clémence rougit, posa doucement sa fille sur le tapis, fit signe à Mme Asthon d'emmener l'enfant et se leva.
—Vous me permettrez, madame, dit Rodolphe en souriant après avoir salué respectueusement la marquise, de renouveler connaissance avec mon ancienne petite amie, qui, je le crains bien, m'aura oublié.
Et se courbant un peu, il tendit la main à Claire.