—Je n'en sais rien non plus.
—Sans doute on la connaît dans son ancien logement?
—Non, monsieur. Quand j'y ai retourné pour chercher mes effets, le portier m'a dit en me parlant de la mère et de la fille: «C'étaient des personnes bien tranquilles, bien respectables et bien malheureuses! Pourvu qu'il ne leur arrive pas malheur! Elles ont l'air comme ça calmes; mais au fond, je suis sûr qu'elles sont désespérées.—Et où vont-elles aller loger à cette heure? que je lui demande.—Ma foi! je n'en sais rien, qu'il me répond; elles sont parties sans me le dire... bien sûr qu'elles ne reviendront plus.»
Les espérances que Rodolphe avait un moment conçues s'évanouirent. Comment découvrir ces deux malheureuses femmes, ayant pour tout indice le nom de la jeune fille, Claire, et ce fragment de brouillon de lettre dont nous avons parlé, au bas duquel se trouvaient ces mots: «Écrire à Mme de Lucenay?» La seule et bien faible chance de retrouver les traces de ces infortunées reposait donc sur Mme de Lucenay, qui se trouvait heureusement de la société de Mme d'Harville.
—Tenez, madame, payez-vous, dit Rodolphe à la marchande, en lui présentant un billet de cinq cents francs.
—Je vas vous rendre, monsieur...
—Où trouverons-nous une charrette pour transporter ces effets?
—Si ça n'est pas trop loin, une grande charrette à bras suffira... il y a celle du père Jérôme, ici près: c'est mon commissionnaire habituel... Quelle est votre adresse, monsieur?
—Rue du Temple, nº 17.
—Rue du Temple, nº 17?... oh! bien, bien, je ne connais que ça!