—Allez... allez, dit le magistrat; et il resta seul avec Rodolphe. Tous deux arrivèrent sur le palier du quatrième, en face de la chambre où étaient alors provisoirement établis le lapidaire et sa famille.

Tout à coup la porte s'ouvrit.

Louise, pâle, éplorée, sortit brusquement.

—Adieu! Adieu! mon père, s'écria-t-elle, je reviendrai, il faut que je parte.

—Louise, mon enfant, écoute-moi donc, reprit Morel en suivant sa fille et en tâchant de la retenir.

À la vue de Rodolphe, du magistrat, Louise et le lapidaire restèrent immobiles.

—Ah! monsieur, vous notre sauveur, dit l'artisan en reconnaissant Rodolphe, aidez-moi donc à empêcher Louise de partir. Je ne sais ce qu'elle a, elle me fait peur; elle veut s'en aller. N'est-ce pas, monsieur, qu'il ne faut plus qu'elle retourne chez son maître? N'est-ce pas que vous m'avez dit: «Louise ne vous quittera plus, ce sera votre récompense.» Oh! à cette bienheureuse promesse, je l'avoue, un moment j'ai oublié la mort de ma pauvre petite Adèle; mais aussi je veux n'être plus séparé de toi, Louise, jamais! jamais!

Le cœur de Rodolphe se brisa, il n'eut pas la force de répondre une parole.

Le commissaire dit sévèrement à Louise:

—Vous vous appelez Louise Morel?