Tel était le jugement que les contemporains de M. Jacques Ferrand portaient sur ce rare et grand homme de bien.
[XIV]
[L'étude]
L'étude de M. Ferrand ressemblait à toutes les études; ses clercs à tous les clercs. On y arrivait par une antichambre meublée de quatre vieilles chaises. Dans l'étude proprement dite, entourée de casiers garnis des cartons renfermant les dossiers des clients de M. Ferrand, cinq jeunes gens, courbés sur des pupitres de bois noir, riaient, causaient, ou griffonnaient incessamment.
Une salle d'attente, encore remplie de cartons, et dans laquelle se tenait d'habitude M. le premier clerc; puis une autre pièce vide, qui, pour plus de secret, séparait le cabinet du notaire de cette salle d'attente, tel était l'ensemble de ce laboratoire d'actes de toutes sortes.
Deux heures venaient de sonner à une antique pendule à coucou placée entre les deux fenêtres de l'étude; une certaine agitation régnait parmi les clercs, quelques fragments de leur conversation feront connaître la cause de cet émoi.
—Certainement, si quelqu'un m'avait soutenu que François Germain était un voleur, dit l'un des jeunes gens, j'aurais répondu: «Vous en avez menti!»
—Moi aussi!...
—Moi aussi!...