—Vous ne le pourrez pas.

—J'ai des ressources.

—Aucunes... d'avouables du moins. Votre mobilier, vos chevaux ne vous appartiennent plus, dites-vous... ce qui m'a l'air d'une fraude indigne.

—Vous êtes bien dur, monsieur. Mais, en admettant cela, ne ferai-je pas argent de tout dans une extrémité aussi désespérée? Seulement, comme il m'est impossible de me procurer d'ici à demain midi cent mille francs, je vous en conjure, employez l'argent que je viens de vous remettre à retirer cette malheureuse traite; ou bien... vous qui êtes si riche... faites-moi cette avance, ne me laissez pas dans une position pareille...

—Moi, répondre de cent mille francs pour vous! Ah çà! vous êtes donc fou?

—Monsieur, je vous en supplie... au nom de mon père... dont vous m'avez parlé... soyez assez bon pour...

—Je suis bon pour ceux qui le méritent, dit rudement le notaire; honnête homme, je hais les escrocs, et je ne serais pas fâché de voir un de ces beaux fils sans foi ni loi, impies et débauchés, une bonne fois attaché au pilori pour servir d'exemple aux autres... Mais j'entends vos chevaux qui s'impatientent, monsieur le vicomte, dit le notaire en souriant du bout de ses dents noires.

À ce moment on frappa à la porte du cabinet.

—Qu'est-ce? dit Jacques Ferrand.

—Madame la comtesse d'Orbigny, dit le maître clerc.