—Digne basochien, le patron va revenir tout à l'heure, je lui dirai cela. Est-elle jolie, cette dame?

—Il faudrait être malin pour le deviner; elle a un voile noir, si épais qu'on ne voit pas sa figure...

—Bon, bon! Je vais joliment la dévisager en sortant. Je vais prévenir M. Ferrand dès qu'il va rentrer.

Le clerc sortit.

«Où diable est allé le tabellion? se demanda M. Charles Robert. Me chercher sans doute l'état de sa caisse... Si ces bruits sont absurdes, tant mieux!... Après cela... bah!... Ce sont peut-être de méchantes langues qui font courir ces propos-là... les gens intègres comme Jacques Ferrand ont tant d'envieux!... C'est égal, j'aime autant avoir mes fonds... j'achèterai le château dont on m'a parlé... il y a des tourelles gothiques du temps de Louis XIV, genre Renaissance..., tout ce qu'il y a de plus rococo... ça me donnera un petit air seigneurial qui ne sera pas piqué des vers... Ça ne sera pas comme mon amour pour cette bégueule de Mme d'Harville... M'a-t-elle fait aller!... mon Dieu! m'a-t-elle fait aller... Oh! non, je n'ai pas fait mes frais... comme dit cette stupide portière de la rue du Temple, avec sa perruque à l'enfant... Cette plaisanterie-là me coûte au moins mille écus. Il est vrai que les meubles me restent... et que j'ai de quoi compromettre la marquise... Mais voici le tabellion.»

M. Ferrand revenait, tenant à la main quelques papiers qu'il remit à M. Charles Robert.

—Voici, dit-il à ce dernier, trois cent cinquante mille francs en bons du Trésor... Dans quelques jours nous réglerons nos comptes d'intérêt... Faites-moi un reçu...

—Comment!... s'écria M. Robert stupéfait. Ah çà, n'allez pas croire au moins que...

—Je ne crois rien...

—Mais...