—Oh! oui, répéta le Maître d'école, je lui parlerai, à Notre-Dame-de-Bon-Secours... elle aura pitié de moi, et...

Tortillard donna en ce moment et sournoisement un vigoureux coup de pied au Maître d'école et l'atteignit au bon endroit.

La souffrance interrompit et abrégea la phrase du brigand, qui répéta, après un tressaillement douloureux:

—Oui, j'espère que cette bonne dame aura pitié de moi.

—Pauvre bon papa, reprit Tortillard; mais tu comptes pour rien ma bonne tante, Mme la Chouette, qui t'aime si fort. Pauvre tante la Chouette!... Oh! elle ne t'abandonnera pas comme ça, vois-tu! Elle serait plutôt capable de venir te réclamer ici avec notre cousin M. Barbillon.

—Ce brave homme a des parents chez les poissons et les oiseaux, dit tout bas Jean-René d'un air prodigieusement malicieux, en donnant un coup de coude à Claudine, sa voisine.

—Grand sans-cœur, allez! de rire de ces malheureux, répondit tout bas la fille de ferme, en donnant à son tour à Jean-René un coup de coude à lui briser trois côtes.

—Mme la Chouette est une de vos parentes? demanda le laboureur au Maître d'école.

—Oui, c'est une de nos parentes, répondit-il avec un morne et sombre accablement.

Dans le cas où il trouverait à la ferme un refuge inespéré, il craignait que la borgnesse ne vînt par méchanceté le dénoncer; il craignait aussi que les noms étranges de ses prétendus parents, Mme la Chouette et M. Barbillon, cités par Tortillard, n'éveillassent les soupçons; mais à cet endroit ses craintes furent vaines; Jean-René seul y vit le texte d'une plaisanterie faite à voix basse et très-mal accueillie par Claudine.