—C'est le vieux richard de la rue du Roule... Ton début d'assassin... d'assassin... d'assassin!...

Un moment obscurcie, la vapeur qui couvre le lac de sang redevient transparente et laisse apercevoir un autre spectre...

Le jour commence à poindre, le brouillard est épais et sombre... Un homme, vêtu comme le sont les marchands de bestiaux, est étendu mort sur la berge d'un grand chemin. La terre foulée, le gazon arraché, prouvent que la victime a fait une résistance désespérée...

Cet homme a cinq blessures saignantes à la poitrine... Il est mort, et pourtant il siffle ses chiens, il appelle à son secours, en criant:—À moi! À moi!...

Mais il siffle, mais il appelle par ses cinq larges plaies dont les bords béants s'agitent comme des lèvres qui parlent...

Ces cinq appels, ces cinq sifflements simultanés, sortant de ce cadavre par la bouche de ses blessures, sont effrayants à entendre...

À ce moment, la chouette agite ses ailes et parodie les gémissements funèbres de la victime en poussant cinq éclats de rire, mais d'un rire strident, farouche comme le rire des fous, et elle s'écrie:

—Le marchand de bœufs de Poissy... Assassin!... Assassin!... Assassin!...

Des échos souterrains prolongés répètent d'abord très-haut les rires sinistres de la chouette, puis ils semblent aller se perdre dans les entrailles de la terre.

À ce bruit, deux grands chiens noirs comme l'ébène, aux yeux étincelants comme des tisons et toujours attachés sur le Maître d'école, commencent à aboyer et à tourner... à tourner... à tourner autour de lui avec une rapidité vertigineuse.