—Voyons, dites-moi comment à cette heure est meublé ce pavillon?
—Il l'est à peine; dans la pièce principale, une natte de paille sur le carreau, un canapé de jonc, des fauteuils pareils, une table, quelques chaises, voilà tout. De là à être confortable il y a loin, comme vous le voyez.
—Eh bien! moi, à votre place, voici ce que je ferais: il est onze heures, j'enverrais à Paris un homme intelligent.
—Notre prend-garde-à-tout[28], il n'y en a pas de plus actif.
—À merveille... en deux heures au plus tard il est à Paris; il va chez un tapissier de la Chaussée-d'Antin, peu importe lequel; il lui remet la liste que je vais vous faire, après avoir vu ce qui manque dans le pavillon, et il lui dira que, coûte que coûte...
—Oh! bien sûr... pourvu que Mme la duchesse soit contente, je ne regarderai à rien...
—Il lui dira donc que, coûte que coûte, il faut que ce qui est noté sur cette liste soit ici ce soir ou dans la nuit, ainsi que trois ou quatre garçons tapissiers pour tout mettre en place.
—Ils pourront venir par la voiture de Gonesse, elle part à huit heures du soir de Paris.
—Et comme il ne s'agit que de transporter des meubles, de clouer des tapis et de poser des rideaux, tout peut être facilement prêt demain soir.
—Ah! ma bonne madame Georges, de quel embarras vous me sauvez!... Je n'aurais jamais pensé à cela... Vous êtes ma providence... Vous allez avoir la bonté de me faire la liste de ce qu'il faut pour que le pavillon soit...