—Apprenez, môssieur! cria M. Pipelet, que je n'ai aucun commerce avec ce gueux de Cabrion, et celui d'amitié encore moins que tout autre!
—C'est vrai... et il faut que vous soyez depuis bien longtemps en bocal, vieux cornichon que vous êtes, pour venir faire une telle demande! s'écria aigrement la Pipelet, en montrant sa mine hargneuse au-dessus de l'épaule de son mari.
—Madame, dit sentencieusement le gobe-mouche en reculant d'un autre pas, les affiches sont faites pour être lues. Vous affichez, je lis, je suis dans mon droit, et vous n'êtes pas dans le vôtre en me disant une grossièreté!
—Grossièreté vous-même... grigou! riposta Anastasie en montrant les dents.
—Vous êtes une manante!
—Alfred, ton tire-pied, que je prenne mesure de son museau... pour lui apprendre à venir faire le farceur à son âge... vieux paltoquet!
—Des injures, quand on vient vous demander les renseignements que vous indiquez sur votre affiche! Ça ne se passera pas comme ça, madame!
—Mais, môssieur..., s'écria le malheureux portier.
—Mais, monsieur, reprit le gobe-mouche exaspéré, faites amitié tant qu'il vous plaira avec votre M. Cabrion; mais, corbleu! ne l'affichez pas en grosses lettres au nez des passants! Sur ce, je me vois dans l'obligation de vous prévenir que vous êtes un fier malotru, et que je vais déposer ma plainte chez le commissaire.
Et le gobe-mouche s'en alla courroucé.