«Mademoiselle, lorsque vous lirez cette lettre, je n'existerai plus... Si, comme je le crains, je meurs de mort violente en tombant dans un guet-apens semblable à celui auquel j'ai dernièrement échappé, quelques renseignements joints ici sous le titre de: Footnotes sur ma vie, pourront mettre sur la trace de mes assassins.»
—Ah! monsieur Rodolphe, dit Rigolette en s'interrompant, je ne m'étonne plus maintenant de ce qu'il était si triste! Pauvre Germain! Toujours poursuivi de pareilles idées!
—Oui, il a dû être bien affligé; mais ses plus mauvais jours sont passés... croyez-moi.
—Hélas! je le désire, monsieur Rodolphe; mais pourtant, être en prison... accusé de vol...
—Soyez tranquille: une fois son innocence reconnue, au lieu de retomber dans l'isolement il retrouvera des amis. Vous d'abord, puis une mère bien-aimée, dont il a été séparé depuis son enfance.
—Sa mère! Il a encore sa mère?
—Oui... Elle le croyait perdu pour elle. Jugez de sa joie lorsqu'elle le reverra, mais absous de l'indigne accusation portée contre lui! J'avais donc raison de vous dire que ses plus mauvais jours étaient passés. Ne lui parlez pas de sa mère. Je vous confie ce secret parce que vous vous intéressez si généreusement à Germain qu'il faut au moins qu'à votre dévouement ne se joignent pas de trop cruelles inquiétudes sur son sort à venir.
—Je vous remercie, monsieur Rodolphe, vous pouvez être tranquille, je garderai votre secret...
Et Rigolette continua de lire la lettre de Germain.
«Si vous voulez, mademoiselle, jeter un coup d'œil sur ces notes, vous verrez que j'ai été toute ma vie bien malheureux... excepté pendant le temps que j'ai passé auprès de vous... Ce que je n'aurais jamais osé vous dire, vous le trouverez écrit dans une espèce de memento intitulé: Mes seuls jours de bonheur.