Quoique plusieurs personnes pussent l'entendre, mais non le comprendre, il est vrai, Barbillon semblait si satisfait qu'il ne put s'empêcher de dire à son compagnon:
—Viens pitancher l'eau d'aff, Nicolas; la birbasse fauche dans le point à mort... elle aboulera chez la Chouette; la mère Martial nous aidera à lui pessiller d'esbrouffe ses durailles d'orphelin, et après nous trimballerons le refroidi dans ton passe-lance[2].
—Esbignons-nous[3], alors; faut que je sois à Asnières de bonne heure; je crains que mon frère Martial se doute de quelque chose.
Et les deux bandits, après avoir tenu cette conversation inintelligible pour ceux qui auraient pu les écouter, se dirigèrent vers la rue Saint-Denis.
Quelques moments après, Rigolette et Rodolphe sortirent de chez Germain, remontèrent en fiacre et arrivèrent rue du Temple.
Le fiacre s'arrêta.
Au moment où la portière s'ouvrit, Rodolphe reconnut, à la lueur du quinquet du rogomiste, son fidèle Murph qui l'attendait à la porte de l'allée.
La présence du squire annonçait toujours quelque événement grave ou inattendu, car lui seul savait où trouver le prince.
—Qu'y a-t-il? lui demanda vivement Rodolphe pendant que Rigolette rassemblait plusieurs paquets dans la voiture.
—Un grand malheur, monseigneur!