Non...
Au lieu de guérir ce malheureux, on le laissera se gangrener jusqu'à la mort...
Et alors, de même que le peuple croit le fils du bourreau forcément bourreau... on croira le fils d'un criminel forcément criminel...
Et alors on regardera comme le fait d'une hérédité inexorablement fatale une corruption causée par l'égoïste incurie de la société...
De sorte que si, malgré de funestes enseignements, l'orphelin que la loi a fait... reste par hasard laborieux et honnête, un préjugé barbare fera rejaillir sur lui la flétrissure paternelle. En butte à une réprobation imméritée, à peine trouvera-t-il du travail...
Et, au lieu de lui venir en aide, de le sauver du découragement, du désespoir, et surtout des dangereux ressentiments de l'injustice, qui poussent quelquefois les caractères les plus généreux à la révolte, au mal... la société dira:
«Qu'il tourne à mal... nous verrons bien. N'ai-je pas là geôliers, gardes-chiourme et bourreaux?»
Ainsi, pour celui qui (chose aussi rare que belle) se conserve pur malgré de détestables exemples, aucun appui, aucun encouragement.
Ainsi, pour celui qui, plongé en naissant dans un foyer de dépravation domestique, est vicié tout jeune encore, aucun espoir de guérison!
«Si! si! moi je le guérirai, cet orphelin que j'ai fait, répond la société, mais en temps et lieu... mais à ma mode... mais plus tard.