La présence de ces orphelins de la loi au milieu des autres enfants recueillis par la société dont nous parlons serait d'ailleurs pour tous d'un utile enseignement... Elle montrerait que, si le coupable est inexorablement puni, les siens ne perdent rien, gagnent même dans l'estime du monde, si, à force de courage, de vertus, ils parviennent à réhabiliter un nom déshonoré.
Dira-t-on que le législateur a voulu rendre le châtiment plus terrible encore, en frappant virtuellement le père criminel dans l'avenir de son fils innocent?
Cela serait barbare, immoral, insensé.
N'est-il pas, au contraire, d'une haute moralité de prouver au peuple:
—Qu'il n'y a dans le mal aucune solidarité héréditaire.
—Que la tache originelle n'est pas ineffaçable?
Osons espérer que ces réflexions paraîtront dignes de quelque intérêt à la nouvelle société de patronage.
Sans doute, il est douloureux de songer que l'État ne prend jamais l'initiative dans toutes ces questions palpitantes qui touchent au vif de l'organisation sociale.
En peut-il être autrement?
À l'une des dernières séances législatives, un pétitionnaire, frappé, dit-il, de la misère et des souffrances des classes pauvres, a proposé, entre autres moyens d'y remédier, «la fondation de maisons d'invalides destinées aux travailleurs».