—Il faudra cette nuit jeter tout à la rivière, dit la veuve.
—C'est plus sûr, répondit Nicolas.
—On y attachera un pavé avec un brin de vieille chaîne de bateau, dit Calebasse.
—Pas si bête!... répondit Nicolas en se versant à boire; puis, s'adressant à la veuve, tenant la bouteille haute: Voyons, trinquez avec nous, ça vous égaiera, la mère!
La veuve secoua la tête, recula son verre et dit à son fils:
—Et l'homme du quai de Billy?
—Voilà la chose..., dit Nicolas, sans s'interrompre de manger et de boire. En arrivant à la gare, j'ai attaché mon bachot et j'ai monté au quai; sept heures sonnaient à la boulangerie militaire de Chaillot, on ne s'y voyait pas à quatre pas. Je me promenais le long du parapet depuis un quart d'heure, lorsque j'entends marcher doucement derrière moi; je ralentis; un homme embaluchonné dans un manteau s'approche de moi en toussant; je m'arrête, il s'arrête... Tout ce que je sais de sa figure, c'est que son manteau lui cachait le nez, et son chapeau les yeux.
(Nous rappellerons au lecteur que ce personnage mystérieux était Jacques Ferrand le notaire, qui, voulant se défaire de Fleur-de-Marie, avait, le matin même, dépêché Mme Séraphin chez les Martial, dont il espérait faire les instruments de son nouveau crime.)
«—Bradamanti, me dit le bourgeois, reprit Nicolas; c'était le mot de passe convenu avec la vieille pour me reconnaître avec le particulier.
«—Ravageur, que je lui réponds, comme c'était encore convenu.