—Laissez-le donc faire! cria Calebasse en s'armant de la hachette du ravageur.
Nicolas, brandissant toujours son formidable couteau, épiait le moment de se jeter sur son frère.
—Je te dis, s'écria-t-il, que toi et ta canaille de Louve je vous crèverai tous les deux, et je commence... À moi, ma mère!... À moi, Calebasse!... Refroidissons-le, il y a trop longtemps qu'il dure!
Et, croyant le moment favorable à son attaque, le brigand s'élança sur son frère le couteau levé.
Martial, bâtonniste expert, fit une brusque retraite de corps, leva son bâton, qui, rapide comme la foudre, décrivit en sifflant un huit de chiffre et retomba si pesamment sur l'avant-bras droit de Nicolas que celui-ci, frappé d'un engourdissement subit, douloureux, laissa échapper son couteau.
—Brigand... tu m'as cassé le bras! s'écria-t-il en saisissant de sa main gauche son bras droit, qui pendait inerte à son côté.
—Non, j'ai senti mon bâton rebondir..., répondit Martial en envoyant d'un coup de pied le couteau sous le buffet.
Puis, profitant de la souffrance qu'éprouvait Nicolas, il le prit au collet, le poussa rudement en arrière, jusqu'à la porte du petit caveau dont nous avons parlé, l'ouvrit d'une main, de l'autre y jeta et y enferma son frère, encore tout étourdi de cette brusque attaque.
Revenant ensuite aux deux femmes, il saisit Calebasse par les épaules et, malgré sa résistance, ses cris et un coup de hachette qui le blessa légèrement à la main, il l'enferma dans la salle basse du cabaret qui communiquait à la cuisine.
Alors, s'adressant à la veuve, encore stupéfaite de cette manœuvre aussi habile qu'inattendue, Martial lui dit froidement: