—Est-ce qu'on peut répondre des paroles d'un enfant... à Paris surtout, où l'on est si curieux et si bavard!... C'est autant pour qu'ils puissent nous aider à faire nos coups que pour qu'ils ne puissent pas nous vendre, que je veux les garder ici.

—Est-ce qu'ils ne vont pas quelquefois au bourg et à Paris? Qui les empêcherait de parler... s'ils ont à parler? S'ils étaient loin d'ici, à la bonne heure! Ce qu'ils pourraient dire n'aurait aucun danger...

—Loin d'ici? Et où ça? dit la veuve en regardant fixement son fils.

—Laissez-moi les emmener... peu vous importe...

—Comment vivras-tu, et eux aussi?

—Mon ancien bourgeois, serrurier, est brave homme; je lui dirai ce qu'il faudra lui dire, et peut-être qu'il me prêtera quelque chose à cause des enfants; avec ça j'irai les mettre en apprentissage loin d'ici. Nous partons dans deux jours, et vous n'entendrez plus parler de nous...

—Non, au fait... je veux qu'ils restent avec moi, je serai plus sûre d'eux.

—Alors je m'établis demain à la baraque de l'île, en attendant mieux... J'ai une tête aussi, vous le savez?...

—Oui, je le sais... Oh! que je te voudrais voir loin d'ici!... Pourquoi n'es-tu pas resté dans tes bois?

—Je vous offre de vous débarrasser de moi et des enfants...