—Fort riche?... Et son père est pauvre?
—Toute la fortune de M. de Saint-Remy fils vient de sa mère...
—Mais il n'importe... comment laisse-t-il son père...?
—Son père n'aurait rien accepté de lui.
—Pourquoi cela?
—C'est encore une question à laquelle je ne puis répondre, ma chère enfant. Mais j'ai entendu dire par mon pauvre frère qu'on vantait beaucoup la générosité de ce jeune homme... Jeune et généreux, il doit être bon... Aussi, apprenant par moi que mon mari était l'ami intime de son père, peut-être voudra-t-il bien s'intéresser à nous pour tâcher de nous trouver de l'ouvrage ou de l'emploi... il a des relations si brillantes, si nombreuses, que cela lui sera facile...
—Et puis l'on saurait par lui peut-être si M. de Saint-Remy, son père, n'aurait pas quitté Angers avant que vous ne lui ayez écrit; cela expliquerait alors son silence.
—Je crois que M. de Saint-Remy, mon enfant, n'a conservé aucune relation. Enfin, c'est toujours à tenter...
—À moins que M. d'Orbigny ne vous réponde d'une manière favorable... et, je vous le répète, je ne sais pourquoi, malgré moi, j'ai de l'espoir.
—Mais voilà plusieurs jours que je lui ai écrit, mon enfant, lui exposant les causes de notre malheur, et rien... rien encore... Une lettre mise à la poste avant quatre heures du soir arrive le lendemain matin à la terre des Aubiers... Depuis cinq jours, nous pourrions avoir reçu sa réponse...