À ce moment, Boyer, attiré par ces éclats de voix, parut sur le perron de la maison.

—Quel est ce bruit? demanda-t-il.

—Monsieur Boyer, c'est cet homme qui veut absolument entrer, quoique je lui aie dit que M. le vicomte n'y était pas.

—Finissons! reprit le comte en s'adressant à Boyer, qui s'était approché; je veux voir mon fils... S'il est sorti, je l'attendrai...

Nous l'avons dit, Boyer n'ignorait ni l'existence ni la misanthropie du père de son maître; assez physionomiste d'ailleurs, il ne douta pas un moment de l'identité du comte, le salua respectueusement et répondit:

—Si Monsieur le comte veut bien me suivre, je suis à ses ordres...

—Allez, dit M. de Saint-Remy, qui accompagna Boyer, au profond ébahissement du portier.

Toujours précédé du valet de chambre, le comte arriva au premier étage et suivit son guide, qui, lui faisant traverser le cabinet de travail de Florestan de Saint-Remy (nous désignerons désormais le vicomte par ce nom de baptême pour le distinguer de son père), l'introduisit dans un petit salon communiquant à cette pièce, et situé immédiatement au-dessus du boudoir du rez-de-chaussée.

—M. le vicomte a été obligé de sortir ce matin, dit Boyer; si Monsieur le comte veut prendre la peine de l'attendre, il ne tardera pas à rentrer.

Et le valet de chambre disparut.