Le seul ressentiment douloureux qu'éprouva la duchesse fut excité par l'effet terrible que cette révélation inattendue produisait sur le comte, son vieil ami.
Depuis quelques moments il semblait ne pas voir, ne pas entendre; ses yeux étaient fixes, sa tête baissée, ses bras pendants, sa pâleur livide; de temps à autre un soupir convulsif soulevait sa poitrine.
Chez un homme aussi résolu qu'énergique, un tel abattement était plus effrayant que les transports de la colère.
Mme de Lucenay le regardait avec inquiétude.
—Courage, mon ami, lui dit-elle à voix basse. Pour vous... pour moi... pour cet homme... je sais ce qu'il me reste à faire...
Le vieillard la regarda fixement; puis, comme s'il eût été arraché à sa stupeur par une commotion violente, il redressa la tête, ses traits devinrent menaçants, et, oubliant que son fils pouvait l'entendre, il s'écria:
—Et moi aussi, pour vous, pour moi, pour cet homme, je sais ce qu'il me reste à faire...
—Qui est donc là? demanda Florestan surpris.
Mme de Lucenay, craignant de se trouver avec le vicomte, disparut par la petite porte et descendit par l'escalier dérobé.
Florestan, ayant encore demandé qui était là et ne recevant pas de réponse, entra dans le salon. Il s'y trouva seul avec le comte.