Au moment où, dans le salon d'attente, M. de Montbrison aidait la duchesse à mettre sa mante, M. de Lucenay, s'adressant à son cousin, lui dit:
—Puisque tu viens avec nous, Conrad... dis à ta voiture de suivre la nôtre... à moins que vous ne veniez, Saint-Remy, alors vous me donneriez une place... et je vous raconterais une bonne autre histoire, qui vaut bien celle du tailleur.
—Je vous remercie, dit sèchement Saint-Remy; je ne puis vous accompagner.
—Alors, au revoir, mon cher... Est-ce que vous êtes en querelle avec ma femme? La voilà qui monte en voiture sans vous dire un mot.
En effet, la voiture de la duchesse étant avancée au bas du perron, elle y monta légèrement.
—Mon cousin?... dit Conrad en attendant M. de Lucenay par déférence.
—Monte donc! Monte donc! dit le duc, qui, arrêté un moment au haut du perron, considérait l'élégant attelage de la voiture du vicomte. Ce sont vos chevaux alezans... Saint-Remy?
—Oui...
—Et votre gros Edwards... quelle tournure!... Voilà ce qui s'appelle un cocher de bonne maison!... Voyez comme il a bien ses chevaux dans la main!... Il faut être juste, il n'y a pourtant que ce diable de Saint-Remy pour avoir ce qu'il y a de mieux en tout.
—Mme de Lucenay et son cousin vous attendent, mon cher, dit M. de Saint-Remy avec amertume.