—A-t-elle l'air bougon, cette vieille!... Je n'aime pas sa figure, dit tout bas Rigolette à Fleur-de-Marie. Puis elle reprit tout haut: Quand tu viendras à Paris, ma bonne Goualeuse, ne m'oublie pas; ta visite me ferait tant de plaisir! Je serais si contente de passer une journée avec toi, de te montrer mon petit ménage, ma chambre, mes oiseaux!... J'ai des oiseaux... c'est mon luxe.
—Je tâcherai de t'aller voir, mais certainement je t'écrirai; allons, adieu, Rigolette, adieu... Si tu savais comme je suis heureuse de t'avoir rencontrée!
—Et moi donc... mais ce ne sera pas la dernière fois, je l'espère; et puis je suis si impatiente de savoir si ton M. Rodolphe est le même que le mien... Écris-moi bien vite à ce sujet, je t'en prie.
—Oui, oui... adieu, Rigolette.
—Adieu, ma bonne petite Goualeuse.
Et les deux jeunes filles s'embrassèrent tendrement en dissimulant leur émotion.
Rigolette entra dans la prison pour voir Louise, grâce au permis que lui avait fait obtenir Rodolphe.
Fleur-de-Marie monta en fiacre avec Mme Séraphin, qui ordonna au cocher d'aller aux Batignolles et de s'arrêter à la barrière.
Un chemin de traverse très-court conduisait de cet endroit presque directement au bord de la Seine, non loin de l'île du Ravageur.
Fleur-de-Marie, ne connaissant pas Paris, n'avait pu s'apercevoir que la voiture suivait une autre route que celle de la barrière Saint-Denis. Ce fut seulement lorsque le fiacre s'arrêta aux Batignolles qu'elle dit à Mme Séraphin, qui l'invitait à descendre: