—C'est vrai, c'est vrai... il ne fallait pas lui rendre ses loques, murmuraient les détenues, entraînées par l'exemple de la Louve. Tant pis pour Mont-Saint-Jean!...
—Vous avez raison, tant pis pour elle! dit Fleur-de-Marie avec amertume, elle est votre souffre-douleur... elle doit se résigner... ses gémissements vous amusent... ses larmes vous font rire... Il vous faut bien passer le temps à quelque chose! On la tuerait sur place qu'elle n'aurait rien à dire... Vous avez raison, la Louve, cela est juste!... Cette pauvre femme ne fait de mal à personne, elle ne peut pas se défendre, elle est seule contre toutes... vous l'accablez... cela est surtout bien brave et bien généreux!
—Nous sommes donc des lâches? s'écria la Louve emportée par la violence de son caractère et par son impatience de toute contradiction. Répondras-tu! Sommes-nous des lâches, hein? reprit-elle de plus en plus irritée.
Des rumeurs menaçantes pour la Goualeuse commencèrent à se faire entendre.
Les détenues offensées se rapprochèrent et l'entourèrent en vociférant, oubliant ou plutôt se révoltant contre l'ascendant que la jeune fille avait jusqu'alors pris sur elles.
—Elle nous appelle lâches!
—De quel droit vient-elle nous blâmer?
—Est-ce qu'elle est plus que nous?
—Nous avons été trop bonnes enfants avec elle.
—Et maintenant elle veut prendre des airs avec nous.