À ce moment, Murph revenait de Saint-Lazare.

—Apprends une triste nouvelle, lui dit Rodolphe, la comtesse Sarah vient d'être assassinée... ses jours sont dans le plus grand danger.

—Ah! monseigneur, quoiqu'elle soit bien coupable, on ne peut s'empêcher de la plaindre.

—Oui, une telle fin serait épouvantable!... Et la Goualeuse?

—Mise en liberté depuis hier, monseigneur, on le suppose, par la protection de Mme d'Harville.

—Mais c'est impossible! Mme d'Harville me prie, au contraire, de faire les démarches nécessaires pour faire sortir de prison cette malheureuse enfant.

—Sans doute, monseigneur... et pourtant une femme âgée, d'une figure respectable, est venue à Saint-Lazare, apportant l'ordre de remettre Fleur-de-Marie en liberté. Toutes deux ont quitté la prison.

—C'est ce que m'a dit Rigolette; mais cette femme âgée qui est venue chercher Fleur-de-Marie, qui est-elle? Où sont-elles allées toutes deux? Quel est ce nouveau mystère? La comtesse Sarah pourrait peut-être seule l'éclaircir; et elle se trouve hors d'état de donner aucun renseignement. Pourvu qu'elle n'emporte pas ce secret dans la tombe!

—Mais son frère, Thomas Seyton, fournirait certainement quelques lumières. De tout temps il a été le conseil de la comtesse.

—Sa sœur est mourante; s'il s'agit d'une nouvelle trame, il ne parlera pas; mais, dit Rodolphe en réfléchissant, il faut savoir le nom de la personne qui s'est intéressée à Fleur-de-Marie pour la faire sortir de Saint-Lazare; ainsi l'on apprendra nécessairement quelque chose.