—Que voulez-vous que je fasse maintenant de votre or? dit Cecily en interrompant le notaire et en haussant les épaules; pour habiter cette chambre... à quoi bon de l'or?... Vous êtes peu inventif!
—Mais ce n'est pas ma faute, à moi, si vous êtes prisonnière... Cette chambre vous déplaît-elle? La voulez-vous plus magnifique? Parlez... ordonnez...
—À quoi bon, encore une fois, à quoi bon?... Oh! si je devais y attendre un être adoré... brûlant de l'amour qu'il inspire et qu'il partage, je voudrais de l'or, de la soie, des fleurs, des parfums; toutes les merveilles du luxe, rien de trop somptueux, de trop enchanteur pour servir de cadre à mes ardentes amours, dit Cecily avec un accent passionné qui fit bondir le notaire.
—Eh bien! ces merveilles de luxe... dites un mot, et...
—À quoi bon? À quoi bon? Que faire d'un cadre sans tableau?... Et l'être adoré, où serait-il... ô mon maître?
—C'est vrai!... s'écria le notaire avec amertume. Je suis vieux... je suis laid... je ne peux inspirer que le dégoût et l'aversion... Elle m'accable de mépris... elle se joue de moi... et je n'ai pas la force de la chasser... Je n'ai que la force de souffrir.
—Oh! l'insupportable pleurard, oh! le niais personnage avec ses doléances! s'écria Cecily d'un ton sardonique et méprisant; il ne sait que gémir, que se désespérer... et il est depuis dix jours... enfermé seul avec une jeune femme... au fond d'une maison déserte...
—Mais cette femme me dédaigne... mais cette femme est armée... mais cette femme est enfermée!... s'écria le notaire avec fureur.
—Eh bien! surmonte le dédain de cette femme; fais tomber le poignard de sa main; contrains-la à ouvrir cette porte qui te sépare d'elle... et cela non par la force brutale... elle serait impuissante...
—Et comment alors?