—Ne me parle pas de lui.
—Toujours bambocheur! C'est dommage, bon ouvrier tout de même.
—Il me fait bien du mal... va... j'avais assez de mes autres peines sans avoir encore celle que tu me fais...
—Comment! ton mari...
—Depuis trois ans il m'a quittée, après avoir vendu tout notre ménage, me laissant avec mes enfants sans rien, avec ma paillasse pour tout mobilier.
—Tu ne m'avais pas dit cela!
—À quoi bon? Ça t'aurait chagriné.
—Pauvre Jeanne! Et comment as-tu fait, toute seule avec tes trois enfants?
—Dame! j'ai eu beaucoup de mal; je travaillais à ma tâche comme frangeuse, tant que je pouvais; les voisines m'aidaient un peu, gardaient mes enfants pendant que j'étais sortie; et puis, moi qui n'ai pas toujours la chance, j'ai eu du bonheur une fois dans ma vie, mais ça ne m'a pas profité, à cause de mon mari...
—Pourquoi donc cela?