Assise sur un banc, de l'autre côté de la grille, elle tenait sur ses genoux son cabas de paille.
Le vieux gardien, au lieu de rester dans le couloir, alla s'établir auprès d'un poêle à l'extrémité de la salle; au bout de quelques moments il s'endormit.
Germain et Rigolette purent donc causer en liberté.
—Voyons, monsieur Germain, dit la grisette en approchant le plus possible son gentil visage de la grille pour mieux examiner les traits de son ami, voyons si je serai contente de votre figure... Est-elle moins triste?... Hum!... hum!... comme cela... Prenez garde... je me fâcherai...
—Que vous êtes bonne!... Venir encore aujourd'hui!
—Encore! mais c'est un reproche, cela...
—Ne devrais-je pas, en effet, vous reprocher de tant faire pour moi, pour moi qui ne peux rien... que vous dire merci?
—Erreur, monsieur; car je suis aussi heureuse que vous des visites que je vous fais. Ce serait donc à moi de vous dire merci à mon tour... Ah! ah! c'est là où je vous prends, monsieur l'injuste... Aussi, j'aurais bien envie de vous punir de vos vilaines idées en ne vous donnant pas ce que je vous apporte.
—Encore une attention... Comme vous me gâtez!... Oh! merci!... Pardon si je répète si souvent ce mot qui vous fâche... mais vous ne me laissez que cela à dire.
—D'abord, vous ne savez pas ce que je vous apporte...