—Je vous assure, reprit le prisonnier avec un soupir, que je n'ai voulu rien dire de plus... que je ne vous cache rien!
—Fi! le menteur! s'écria Rigolette en frappant du pied. Eh bien! vous voyez cette grande cravate de laine blanche que je vous apportais—elle la tira de son cabas, pour vous punir d'être si dissimulé, vous ne l'aurez pas... Je l'avais tricotée pour vous... je m'étais dit: «Il doit faire si froid, si humide dans ces grandes cours de la prison, qu'au moins il sera bien chaudement garanti avec cela... Il est si frileux!»
—Comment, vous...?
—Oui, monsieur, vous êtes frileux..., dit Rigolette en l'interrompant, je me le rappelle bien, peut-être! ce qui ne vous empêchait pas de vouloir toujours, par délicatesse, m'empêcher de mettre du bois dans mon poêle, quand vous passiez la soirée avec moi... Oh! j'ai bonne mémoire!
—Et moi aussi... que trop bonne!... dit Germain d'une voix émue.
Et il passa sa main sur ses yeux.
—Allons! vous voilà encore à vous attrister, quoique je vous le défende.
—Comment voulez-vous que je ne sois pas touché aux larmes, quand je songe à tout ce que vous avez fait pour moi depuis mon séjour en prison?... Et cette nouvelle attention n'est-elle pas charmante? Ne sais-je pas enfin que vous prenez sur vos nuits pour avoir le temps de venir me voir? À cause de moi, vous vous imposez un travail exagéré.
—C'est ça! plaignez-moi bien vite de faire tous les deux ou trois jours une jolie promenade pour venir visiter mes amis, moi qui adore marcher... C'est si amusant de regarder les boutiques tout le long du chemin!
—Et aujourd'hui, sortir par ce vent, par cette pluie!