—Ainsi, si tu avais à recommencer tes jours de pègre et d'escarpe, et si, au lieu de centrales, de bagnes et de guillotine... il n'y avait que des cellules, tu bouderais devant le mal?

—Ma foi... oui... peut-être... (historique), répondit le Squelette.

Et il disait vrai.

On ne peut s'imaginer l'indicible terreur qu'inspire à de pareils bandits la seule pensée de l'isolement absolu...

Cette terreur n'est-elle pas encore un plaidoyer éloquent en faveur de cette pénalité?

Ce n'est pas tout: la condamnation à l'isolement, si redoutée par les scélérats, amènera peut-être forcément l'abolition de la peine de mort.

Voici comment.

La génération criminelle qui à cette heure peuple les prisons et les bagnes regardera l'application du système cellulaire comme un supplice intolérable.

Habitués à la perverse animation de l'emprisonnement en commun, dont nous venons de tâcher d'esquisser quelques traits affaiblis, car, nous le répétons, il nous faut reculer devant des monstruosités de toutes sortes; ces hommes, disons-nous, se voyant menacés, en cas de récidive, d'être séquestrés du monde infâme où ils expiaient si allègrement leurs crimes et d'être mis en cellule seul à seul avec les souvenirs du passé... ces hommes se révolteront à l'idée de cette punition effrayante.

Beaucoup préféreront la mort.