—Y sommes-nous? demanda Pique-Vinaigre au Squelette.

—Silence dans la pègre..., dit celui-ci en se retournant à demi; puis, s'adressant à Pique-Vinaigre:—Maintenant, commence ton conte, on t'écoute.

On fit un profond silence.


[IX]

[Gringalet et Coupe-en-Deux]

...Rien de plus doux, de plus salutaire, de plus précieux que vos paroles; elles charment, elles encouragent, elles améliorent...
WOLFGANG, livre IV

Avant d'entamer le récit de Pique-Vinaigre, nous rappellerons au lecteur que, par un contraste bizarre, la majorité des détenus, malgré leur cynique perversité, affectionnent presque toujours les récits naïfs, nous ne voudrions pas dire puérils, où l'on voit, selon les lois d'une inexorable fatalité, l'opprimé vengé de son tyran, après des épreuves et des traverses sans nombre.

Loin de nous la pensée d'établir d'ailleurs le moindre parallèle entre des gens corrompus et la masse honnête et pauvre; mais ne sait-on pas avec quels applaudissements frénétiques le populaire des théâtres du boulevard accueille la délivrance de la victime, et de quelles malédictions passionnées il poursuit le méchant ou le traître?

On raille ordinairement ces incultes témoignages de sympathie pour ce qui est bon, faible et persécuté... d'aversion pour ce qui est puissant, injuste et cruel.