—Oui! Oui!... Charivari pour le bonnet bleu!
—Non... Soutenons le bonnet bleu!... Charivari pour le Squelette! riposta le parti du Chourineur.
—Non!... À bas le bonnet bleu!
—À bas le Squelette!
—Bravo, mes cadets!... s'écria le Chourineur en s'adressant aux détenus qui se rangeaient de son côté. Vous avez du cœur... Vous ne voudriez pas massacrer un homme à demi mort!... Il n'y a que des lâches capables de ça... Le Squelette s'en moque pas mal... il est condamné d'avance... c'est pour cela qu'il vous pousse... Mais si vous aidez à tuer Germain, vous serez durement pincés. D'ailleurs, je propose une chose, moi!... Le Squelette veut achever ce pauvre jeune homme... Eh bien! qu'il vienne donc me le prendre, s'il en a le toupet!... Ça se passera entre nous deux: nous nous crocherons et on verra... mais il n'ose pas, il est comme Coupe-en-Deux, fort avec les faibles.
La vigueur, l'énergie, la rude figure du Chourineur devaient avoir une puissante action sur les détenus; aussi un assez grand nombre d'entre eux se rangèrent de son côté et entourèrent Germain; le parti du Squelette se groupa autour de ce bandit.
Une sanglante mêlée allait s'engager, lorsqu'on entendit dans la cour le pas sonore et mesuré du piquet d'infanterie toujours de garde à la prison.
Pique-Vinaigre, profitant du bruit et de l'émotion générale, avait gagné la cour et était allé frapper au guichet de la porte d'entrée, afin d'avertir les gardiens de ce qui se passait dans le chauffoir.
L'arrivée des soldats mit fin à cette scène.
Germain, le Squelette et le Chourineur furent conduits auprès du directeur de la Force. Le premier devait déposer sa plainte, les deux autres répondre à une prévention de rixe dans l'intérieur de la prison.