«Il s'adresse d'abord aux ouvriers honnêtes, laborieux et chargés de famille, que le manque de travail réduit souvent à de cruelles extrémités.
«Ce n'est pas une aumône dégradante qu'il fait à ses frères, c'est un prêt gratuit qu'il leur offre.
«Puisse ce prêt, comme il l'espère, les empêcher souvent de grever indéfiniment leur avenir par ces emprunts écrasants qu'ils sont forcés de contracter afin d'attendre le retour du travail, leur seule ressource, et de soutenir la famille dont ils sont l'unique appui!
«Pour garantie de ce prêt, il ne demande à ses frères qu'un engagement d'honneur et une solidarité de parole jurée.
«Il affecte un revenu annuel de douze mille francs à faire, la première année, jusqu'à la concurrence de cette somme des prêts-secours, de vingt à quarante francs, sans intérêts, en faveur des ouvriers mariés et sans ouvrage, domiciliés dans le VIIe arrondissement.
«On a choisi ce quartier comme étant l'un de ceux où la classe ouvrière est la plus nombreuse.
«Ces prêts ne seront accordés qu'aux ouvriers ou ouvrières porteurs d'un certificat de bonne conduite, délivré par leur dernier patron, qui indiquera la cause et la date de la suspension du travail.
«Ces prêts seront remboursables mensuellement par sixièmes ou par douzièmes, au choix de l'emprunteur, à partir du jour où il aura retrouvé de l'emploi.
«Il souscrira un simple engagement d'honneur de rembourser le prêt aux époques fixées.
«À cet engagement adhéreront, comme garants, deux de ses camarades, afin de développer et d'étendre, par la solidarité, la religion de la promesse jurée[43].