Pas un remords en songeant qu'elle-même l'avait fait arracher fatalement de la paisible retraite où Rodolphe l'avait placée.
Tout d'abord, cette mère dénaturée n'interrogea pas la Chouette avec une anxiété terrible sur le passé de son enfant.
Non; chez Sarah l'ambition avait depuis longtemps étouffé la tendresse maternelle.
Ce n'était pas la joie de retrouver sa fille qui la transportait, c'était l'espoir certain de voir réaliser enfin le rêve orgueilleux de toute sa vie...
Rodolphe s'était intéressé à cette malheureuse enfant, l'avait recueillie sans la connaître; que serait-ce donc lorsqu'il saurait qu'elle était... SA FILLE!!!
Il était libre... la comtesse, veuve...
Sarah voyait déjà briller à ses yeux la couronne souveraine.
La Chouette, avançant toujours à pas lents, avait enfin gagné l'un des bouts de la table et placé son stylet perpendiculairement dans son cabas, la poignée à fleur de l'ouverture... bien à sa portée...
Elle n'était plus qu'à quelques pas de la comtesse.
—Savez-vous écrire? lui dit tout à coup celle-ci.