—Dans la maison de l'allée des Veuves... sous bonne et sûre garde...
—Il n'a donc fait aucune résistance pour te suivre?
—Aucune... Je lui ai laissé le choix d'être arrêté sur-le-champ par les autorités françaises ou d'être mon prisonnier allée des Veuves: il n'a pas hésité.
—Tu as eu raison, il vaut mieux l'avoir ainsi sous la main. Tu es un homme d'or, mon vieux Murph; mais raconte-moi ton voyage... Je suis impatient de savoir comment cette femme indigne et son indigne complice ont été enfin démasqués.
—Rien de plus simple: je n'ai eu qu'à suivre vos instructions à la lettre pour terrifier et écraser ces infâmes. Dans cette circonstance, monseigneur, vous avez sauvé, comme toujours, des gens de bien, et puni des méchants. Noble providence que vous êtes!...
—Sir Walter, sir Walter, rappelez-vous les flatteries du baron de Graün..., dit Rodolphe en souriant.
—Allons, soit, monseigneur. Je commencerai donc ou plutôt vous voudrez bien lire d'abord cette lettre de Mme la marquise d'Harville, qui vous instruira de tout ce qui s'est passé avant que mon arrivée ait confondu Polidori.
—Une lettre?... Donne vite.
Murph, remettant à Rodolphe la lettre de la marquise, ajouta:
—Ainsi que cela était convenu, au lieu d'accompagner Mme d'Harville chez son père, j'étais descendu à une auberge servant de tournebride, à deux pas du château, où je devais attendre que Mme la marquise me fît demander.