—Et aucun vestige de cette ambition implacable qui vous a perdue! Pourquoi la fatalité a-t-elle voulu que votre repentir fût si tardif?

—Il est tardif, mais profond, mais sincère, je vous le jure. À ce moment solennel, si je remercie Dieu de me retirer de ce monde, c'est que ma vie vous eût été un horrible fardeau...

—Sarah! de grâce...

—Rodolphe... une dernière prière... votre main...

Le prince, détournant la vue, tendit sa main à la comtesse, qui la prit vivement entre les siennes.

—Ah! les vôtres sont glacées! s'écria Rodolphe avec effroi.

—Oui... je me sens mourir! Peut-être, par une dernière punition... Dieu ne voudra-t-il pas que j'embrasse ma fille!

—Oh! si... si! il sera touché de vos remords.

—Et vous, mon ami, en êtes-vous touché?... me pardonnez-vous?... Oh! de grâce, dites-le! Tout à l'heure, quand notre fille sera là, si elle arrive à temps, vous ne pourrez pas me pardonner devant elle... ce serait lui apprendre combien j'ai été coupable... et cela, vous ne le voudrez pas... Une fois que je serai morte, qu'est-ce que cela vous fait qu'elle m'aime?

—Rassurez-vous... elle ne saura rien!