—M. Rodolphe! Oh! nous le bénissons chaque jour!... Lorsque je suis sortie de prison, l'avocat qui était venu de sa part me voir, me conseiller et m'encourager, m'a dit que grâce à M. Rodolphe, qui avait déjà tant fait pour nous, M. Ferrand... et la malheureuse ne put prononcer ce nom sans frissonner... M. Ferrand, pour réparer ses cruautés, avait assuré une rente à moi et une à mon pauvre père, qui est toujours ici, lui... mais qui, grâce à Dieu, va de mieux en mieux...
—Et qui reviendra aujourd'hui avec vous à Paris... si l'espérance de ce digne médecin se réalise.
—Plût au ciel!...
—Cela doit plaire au ciel... Votre père est si bon, si honnête! Et je suis sûre, moi, que nous l'emmènerons. Le médecin pense maintenant qu'il faut frapper un grand coup, et que la présence imprévue des personnes que votre père avait l'habitude de voir presque chaque jour avant de perdre la raison... pourra terminer sa guérison... Moi, dans mon petit jugement... cela me paraît certain...
—Je n'ose encore y croire, mademoiselle.
—Madame Germain... madame Germain... si ça vous est égal, ma bonne Louise... Mais, pour en revenir à ce que je vous disais, vous ne savez pas ce que c'est que M. Rodolphe?
—C'est la providence des malheureux.
—D'abord... et puis encore? Vous l'ignorez... Eh bien! je vais vous le dire...
Puis, s'adressant à son mari, qui marchait devant elle, donnait le bras à Mme Georges et causait avec la femme du lapidaire, Rigolette s'écria:
—Ne va donc pas si vite, mon ami... Tu fatigues notre bonne mère... et puis j'aime à t'avoir plus près de moi.