—Ma fille!... mon enfant chérie!... s'écria-t-il d'une voix déchirante.
La princesse Amélie l'entendit, tourna légèrement la tête vers lui... ouvrit les yeux... tâcha de sourire, et dit d'une voix défaillante:
—Mon bon père... pardon... aussi à Henri... à ma bonne mère... pardon...
Ce furent ses derniers mots...
Après une heure d'une agonie pour ainsi dire paisible... elle rendit son âme à Dieu...
Lorsque sa fille eut rendu le dernier soupir, monseigneur ne dit pas un mot... son calme et son silence étaient effrayants... il ferma les paupières de la princesse, la baisa plusieurs fois au front, prit pieusement les débris du petit rosier et sortit de la cellule.
Je le suivis; il revint dans la maison extérieure du cloître, et, me montrant la lettre qu'il avait commencé d'écrire à Votre Altesse Royale, et à laquelle il voulut en vain ajouter quelques mots, car sa main tremblait convulsivement, il me dit:
—Il m'est impossible d'écrire... Je suis anéanti... ma tête se perd! Écris à la grande-duchesse que je n'ai plus de fille!...
J'ai exécuté les ordres de monseigneur.
Qu'il me soit permis, comme à son plus vieux serviteur, de supplier Votre Altesse Royale de hâter son retour... autant que la santé de M. le comte d'Orbigny le permettra. La présence seule de Votre Altesse Royale pourrait calmer le désespoir de monseigneur... Il veut chaque nuit veiller sur sa fille jusqu'au jour où elle sera ensevelie dans la chapelle grand-ducale.