—Je puis braver les tortures pour un mirage! j'ai bravé la mort pour une réalité... Que m'importe, d'ailleurs? cette ardente image est pour moi la réalité... Oh! Cecily! es-tu belle!... Tu le sais bien, monstre, que tu es enivrante... À quoi bon cette coquetterie infernale qui m'embrase encore!... Oh! l'exécrable furie! tu veux donc que je meure!... Cesse... cesse... ou je t'étrangle!... s'écria le notaire en délire.
—Mais tu te tues, misérable! s'écria Polidori en secouant rudement le notaire pour l'arracher à son extase.
Efforts inutiles! Jacques continua avec une nouvelle exaltation:
—Ô reine chérie! démon de volupté! jamais je n'ai vu... Le notaire n'acheva pas.
Il poussa un brusque cri de douleur en se rejetant en arrière.
—Qu'as-tu? lui demanda Polidori avec étonnement.
—Éteins cette lumière; son éclat devient trop vif... je ne puis le supporter: il me blesse...
—Comment! dit Polidori de plus en plus surpris, il n'y a qu'une lampe recouverte de son abat-jour, et sa lueur est très-faible...
—Je te dis que la clarté augmente ici... Tiens, encore, encore! Oh! c'est trop... cela devient intolérable! ajouta Jacques Ferrand en fermant les yeux avec une expression de souffrance croissante.
—Tu es fou! cette chambre est à peine éclairée, te dis-je; je viens au contraire d'abaisser la lampe, ouvre les yeux, tu verras!