—Mes trente-deux francs!—s'écria la marchande.—Merci, mes bon messieurs, merci...

—Ah ça! maintenant, mon cadet! à nous autres,—reprit le chiffonnier.—Tu as volé et voulu assassiner au nom du peuple, toi, hein?

—Ah ça, voyons, les amis, sommes-nous, oui ou non, en révolution?—répondit le voleur d'une voix enrouée en riant d'un air cynique.—Alors, crèvons les comptoirs!!

—C'est ça que tu appelles la révolution, toi?—dit le chiffonnier—Crever les comptoirs?...

—Tiens...

—Tu crois donc que le peuple s'insurge pour voler... brigand que tu es?...

—Pourquoi donc alors que vous vous insurgez, tas de feignants? C'est peut-être pour l'honneur?—répondit le voleur avec audace.

Le groupe d'hommes armés (moins le chiffonnier) qui entouraient le voleur se consultèrent un moment à voix basse. L'un d'eux, avisant une boutique d'épicier à demi ouverte, s'y rendit; deux autres se détachèrent du groupe en disant:

—Il faut en parler à monsieur Lebrenn et lui demander son avis.

Un autre enfin dit quelques mots à l'oreille du chiffonnier, qui répondit: