—Monsieur Lebrenn est sorti ce matin au tout petit point du jour, monsieur, reprit Jeanike, et il n'est pas encore rentré.
—Mille diables!... Il y serait donc allé alors? se dit à demi-voix le nouveau venu.
Il allait quitter le magasin aussi précipitamment qu'il y était entré, lorsque, se ravisant et s'adressant à Jeanike:
—Mon enfant, dès que M. Lebrenn sera de retour, dites-lui d'abord que Dupont est venu.
—Bien, monsieur.
—Et que si, lui, monsieur Lebrenn... ajouta Dupont en hésitant comme quelqu'un qui cherche une idée; puis, l'ayant sans doute trouvée, il ajouta couramment: Dites, en un mot, à votre patron que s'il n'est pas allé ce matin visiter sa provision de poivre, vous entendez bien? sa provision de poivre, il n'y aille pas avant d'avoir vu Dupont... Vous vous rappellerez cela, mon enfant?
—Oui, monsieur... Cependant, si vous vouliez écrire à monsieur Lebrenn?
—Non pas, dit vivement Dupont; c'est inutile... dites-lui seulement.
—De ne pas aller visiter sa provision de poivre avant d'avoir vu monsieur Dupont, reprit Jeanike. Est-ce bien cela, monsieur?
—Parfaitement, dit-il. Au revoir, mon enfant.