—Pardon, monsieur, si je vous quitte,—dit le marchand à M. de Plouernel.—Mes amis m'attendent...
—Adieu, monsieur...—dit le colonel d'une voix pénétrée.—J'ignore ce que l'avenir nous réserve; nous pouvons nous retrouver encore dans des camps opposés; mais, je vous le jure, je ne pourrai désormais vous regarder comme un ennemi.
Et M. de Plouernel suivit le fils du marchand.
M. Lebrenn, resté seul, contempla le casque du colonel pendant un instant, et se dit:
—Ah! il est vraiment des fatalités étranges!...
Et prenant le casque, il alla le déposer dans cette pièce mystérieuse qui excitait si vivement la curiosité de Gildas.
M. Lebrenn vint ensuite rejoindre ses amis, qui lui apprirent que l'on ne doutait plus que la république ne fût proclamée par le gouvernement provisoire réuni à l'Hôtel de ville.
CHAPITRE XI.
Comment la famille du marchand de toile, Georges Duchêne et son grand-père, assistèrent à une imposante cérémonie et à une touchante manifestation, aux cris de vive la république!—Comment le numéro onze cent vingt, forçat au bagne de Rochefort, fut menacé du bâton par un argousin et eut un entretien avec un général de la république, et ce qu'il en advint.—Ce que c'était que ce général et ce forçat.