—Et telle aurait été la cause du retard,—reprit Sacrovir.—C'est probable.

Madame Lebrenn, assez inquiète, se hâta de lire à ses enfants la lettre suivante:

«Chère et tendre amie, embrasse nos enfants au nom d'une bonne nouvelle, dont vous allez être aussi heureux que surpris... J'ai espoir de vous revoir bientôt...»

Ces mots étaient à peine prononcés par la femme du marchand, qu'il lui fut impossible de continuer sa lecture. Ses enfants l'entourèrent et sautèrent à son cou avec des exclamations de joie impossible à rendre, tandis que Gildas et Jeanike partageaient l'émotion de la famille.

—Mes pauvres enfants! soyons raisonnables, ne triomphons pas trop tôt,—dit madame Lebrenn.—Ce n'est qu'un espoir que votre père nous donne... Et Dieu sait combien notre espérance d'amnistie a été souvent déçue!

—Alors, mère, lis vite... bien vite... achève,—dirent les enfants d'une voix impatiente.—Nous allons voir si cet espoir est sérieux.

Madame Lebrenn continua la lettre de son mari:

«J'ai l'espoir de vous revoir bientôt... plutôt même que vous ne pouvez le croire...»

—Vois-tu, mère! vois-tu?...

Dirent les enfants d'une voix palpitante et les mains jointes, comme s'ils eussent prié.