Joel l'écrit ici avec sincérité. Elle était bien belle, sa fille Hêna!!! ainsi debout sur le bûcher, éclairée toute entière par la douce clarté de la lune, avec sa tunique noire, ses cheveux blonds, couronnés de feuilles vertes, tandis que ses bras, plus blancs que l'ivoire, s'arrondissaient sur sa harpe d'or!

Les bardes firent silence.

La vierge de l'île de Sên chanta d'une voix pure comme son âme:

«—La fille de Joel et de Margarid vient avec joie sacrifier à Hésus!

»—O Tout-Puissant... de l'étranger délivre la terre de nos pères!

»—Gaulois de Bretagne, vous avez la lance et l'épée!

»—La fille de Joel et de Margarid n'a que son sang; elle l'offre volontairement à Hésus!

»—O Dieu tout-puissant! rends invincibles la lance et l'épée gauloises! Oh! Hésus... prends mon sang, il est à toi... sauve notre sainte patrie!»

La plus âgée des druidesses s'était tenue debout sur le bûcher derrière Hêna, le couteau sacré à la main... Lorsque Hêna eut chanté, le couteau brilla... et frappa la vierge de l'île de Sên...

Sa mère, ses frères, tous ceux de sa tribu, et Joel, son père, virent Hêna tomber à genoux, croiser les mains sur son sein, tourner son céleste visage vers la lune, en s'écriant d'une voix ferme encore: