—Il nous faut aller vers le Midi, dans la direction de ces sept étoiles... les feux du camp de César sont de ce côté.

—Alors, prenons cette route,—reprit le marin en indiquant le plus étroit des deux chemins. Et les deux voyageurs poursuivirent leur marche.

Au bout de quelques pas, la jeune femme s'arrêta, et parut chercher dans ses vêtements.

—Qu'as-tu, Méroë?

—Attends-moi; j'ai, en montant à l'arbre, laissé tomber mon poignard; il se sera détaché de la ceinture que j'ai sous ma saie.

—Par Hésus! il nous faut retrouver ce poignard,—dit Albinik en revenant vers l'arbre.—Tu as besoin d'une arme, et celle-ci, mon frère Mikaël l'a forgée, trempée lui-même, elle peut percer une pièce de cuivre.

—Oh! je retrouverai ce poignard! Albinik. Avec cette petite lame d'acier bien effilée, on a réponse à tout... et dans tous les langages.

Après quelques recherches au pied du chêne, elle retrouva son poignard; il était renfermé dans une gaîne, long à peine comme une plume de poule, et guère plus gros. Méroë l'assujettit de nouveau sous sa saie, et se remit en route avec son époux. Après une assez longue marche, à travers des chemins creux, tous deux arrivèrent dans une plaine: on entendait, très au loin le grand bruit de la mer; sur une colline on apercevait les lueurs de plusieurs feux.

—Voici enfin le camp de César!—dit Albinik en s'arrêtant:—le repaire du lion...

—Le repaire du fléau de la Gaule... Viens... viens... la soirée s'avance.