—Je le crois bien...
—Je faisais mille questions à monsieur Lebrenn, tout en rabottant et en ajustant; il me répondait avec une bonté vraiment paternelle. C'est ainsi que j'ai appris le peu que je vous ai dit. Mais...—ajouta Georges avec un soupir qu'il put à peine étouffer,—mes travaux de menuiserie finis... les leçons d'histoire ont été interrompues. Aussi, je vous ai dit tout ce que je savais, grand-père.
—Ah! le marchand de toile d'en face est si savant que ça?
—Il est aussi savant que bon patriote; c'est un vieux Gaulois, comme il s'appelle lui-même. Et quelquefois,—ajouta Georges sans pouvoir s'empêcher de rougir légèrement,—je l'ai entendu dire à sa fille, en l'embrassant avec fierté pour quelque réponse qu'elle lui avait faite: Oh! toi... tu es bien une vraie Gauloise!
À ce moment, le père Morin et Georges entendirent frapper à la porte de la première chambre.
—Entrez,—dit Georges.
On entra dans la pièce qui précédait celle où était couché le vieillard.
—Qui est là?—demanda Georges.
—Moi... monsieur Lebrenn,—répondit une voix.
—Tiens!... ce digne marchand de toile... dont nous parlions... Ce vieux Gaulois!—dit à demi-voix le bonhomme.—Va donc vite, mon enfant, et ferme la porte.