[10] Nous empruntons les chiffres et les réflexions suivantes à un écrit de notre excellent ami M. Perreymond, dont nous ne louerons jamais assez les beaux et grands travaux. Il est impossible de joindre plus de science pratique et plus de profondeur de vues à une conviction plus généreuse dans l'avenir de la cause démocratique et sociale. (Aux commerçants: la faillite et le morbus numériens).

«À Paris, pendant les dix dernières années du règne de Louis-Philippe, années de prospérité, dit-on, le nombre des procès et des faillites augmenta continuellement; en voici la progression:

»Tribunal de commerce de Paris.

»En 1836, il y a eu 26,545 causes et 329 faillites.

1839 47,077 788
1845 46,064 691
1846 54,878 931
1847 59,560 1,139

»C'est-à-dire une augmentation en dix ans de 30,000 causes et de 810 faillites.

»L'ensemble du passif a été, en 1845-46, de 48,342,529 fr.
1846-47, de 68,474,803

»La moyenne du passif, par faillite, de 51,000 fr.»

Or, le nombre des faillites et l'ensemble des passifs augmentant chaque année, voici comment M. le président du tribunal de commerce, Bertrand, en explique les causes pour les années 1845-46 et 1846-47; nous citons:

«(1845-46) Parmi les causes habituelles, déjà signalées par nos prédécesseurs, telles que la concurrence illimitée, l'exagération des dépenses de premier établissement, il fallait placer aussi comme cause accidentelle et malheureusement trop évidente les séductions de l'agiotage sur les actions de chemin de fer, auxquelles se sont laissé entraîner beaucoup de petits commerçants par l'appât d'un gain qu'ils n'avaient pas, comme d'autres spéculateurs plus grands et plus habiles, le talent de rendre facile et sûr.