Ce tableau représentait un jeune homme de trente ans au plus, vêtu d'un pourpoint de velours noir, et portant au cou le collier d'or de l'ordre de Saint-Michel. On ne pouvait imaginer une physionomie plus douce, plus sympathique; le regard et le demi-sourire qui effleurait les lèvres de ce personnage avaient une expression d'une mélancolie touchante.

—Ah!—dit M. Lebrenn,—la vue de celui-là repose... calme... et consolé... Grâce à Dieu, il n'est pas le seul qui ait failli à la méchanceté proverbiale de sa race!

Puis, après un moment de silence, il dit en soupirant:

—Chère petite Ghiselle la Paonnière! ta vie a été courte... mais quel songe d'or que ta vie!... Ah! pourquoi faut-il que tes sœurs Alison la Maçonne et Marotte la Haubergière[14] n'aient pas...

[14] On retrouvera dans la suite de ce récit Ghiselle la Paonnière, Alison la Maçonne, et Marotte la Haubergière (armurière).

M. Lebrenn fut interrompu dans ses réflexions par l'entrée de M. de Plouernel.


CHAPITRE VI.

Comment le marchand de toile, qui n'était point sot, fit-il le simple homme au vis-à-vis du comte de Plouernel, et ce qu'il en advint.—Comment le colonel reçut l'ordre de se mettre à la tête de son régiment parce que l'on craignait une émeute dans la journée.

M. Lebrenn était si absorbé dans ses pensées, qu'il tressaillit comme en sursaut lorsque M. de Plouernel entra dans le salon.