Bientôt l'armée s'est mise en marche pour regagner le camp, pendant que, sous la protection d'une légion destinée à garder nos prisonniers, les druides médecins et leurs aides restaient sur le champ de bataille pour secourir également les blessés gaulois et franks.

L'armée reprit donc le chemin de Mayence, par une superbe nuit d'été, en faisant résonner les échos des bords du Rhin de ce chant des bardes:


«--Ce matin nous disions:

»--Combien sont-ils donc, ces barbares qui veulent nous voler notre terre, nos femmes et notre soleil?

»--Oui, combien sont-ils donc, ces Franks?


»Ce soir nous disons:

»--Réponds, terre rougie du sang de l'étranger!... Répondez, flots profonds du Rhin!... Répondez, corbeaux de la grève!... Répondez... répondez!...

»--Combien étaient-ils, ces voleurs de terre, de femmes et de soleil?