--Mora,--m'écriai-je en me jetant à genoux auprès du lit de la mère des camps,--envoie à l'instant chercher le druide-médecin, et cours dire à Sampso de venir ici...

La servante disparut. Je saisis une des mains de Victoria déjà roidies et glacées, je la couvris de larmes en m'écriant:

--Ma soeur! c'est moi... Scanvoch!...

--Mon frère...--murmura-t-elle.

Et à entendre sa voix sourde, affaiblie, il me sembla qu'elle me répondait du fond d'un tombeau. Ses yeux, d'abord fixes, se tournèrent lentement vers moi. L'intelligence divine, qui avait jusqu'alors illuminé ce beau regard si auguste et si doux, paraissait éteinte. Cependant, peu à peu, la connaissance lui revint, et elle dit:

--C'est toi... mon frère?... Je vais mourir...

Tournant alors péniblement la tête de côté et d'autre, comme si elle eût cherché quelque chose, elle reprit en tâchant de lever un de ses bras, qui retomba presque aussitôt pesamment sur sa couche:

--Là, ce grand coffre, ouvre-le... tu y verras un coffret de bronze; apporte-le...

J'obéis, et je déposai sur le lit un petit coffret de bronze assez lourd. Au même instant entrait Sampso, avertie par Mora.

--Sampso,--dit Victoria,--prenez ce coffret, emportez-le chez vous... serrez-le soigneusement... Dans trois jours vous l'ouvrirez... la clef est attachée au couvercle...